• Skolvan / AUFFRET

       Source : https://www.youtube.com/watch?v=pdKcXdbSvsU

       "Cette gwerz est sans doute l'une des plus fascinantes du répertoire de langue bretonne, puisqu'on a pu établir une parenté certaine avec un texte contenu dans un manuscrit gallois du XIIe siècle, le Livre Noir de Carmarthen, et des liens avec les traditions celtiques du haut Moyen-Age concernant l'homme sauvage (LAILOKEN en Écosse, MYRDDIN en pays de Galles et SUIBHNE en Irlande)".

     

       Le Livre noir de Carmarthen (ainsi nommé en raison de la couleur de sa reliure et de son lien avec le prieuré de Saint Jean l’Évangéliste et Teulyddog, Carmarthen) est considéré par les chercheurs modernes comme étant l'œuvre d'un seul scribe écrivant à différents moments avant et vers l'an 1250. Il s'agit donc d'un des plus anciens manuscrits survivants écrits uniquement en langue galloise. Mis à part un petit groupe de triades se rapportant aux chevaux de héros gallois légendaires, le Livre noir est essentiellement un manuscrit de poésie. Il contient des poèmes sur des sujets religieux, tels que le "Dialogue entre le corps et l'âme", et les odes de louange et de deuil, comme l' "Élégie pour Madog ap MAREDUDD [décédé en 1160]. "L'auteur de cette élégie n'est pas nommé dans le Livre noir, mais selon un autre manuscrit, le poème a été écrit par le poète de la cour, Cynddelw BRYDYDD MAWR (qui prospéra en 1155-1200). Les poèmes les plus remarquables dans le manuscrit sont ceux portant sur les héros de l'Âge sombre britannique, en particulier ceux liés à la légende de Myrddin.

       Le Livre noir de Carmarthen est désigné Peniarth MS 1 par la Bibliothèque nationale du Pays de Galles. La collection de manuscrits Peniarth a été créée par Robert VAUGHAN (environ 1592-1667), qui a acquis de nombreux manuscrits importants en langue galloise pour sa bibliothèque à Hengwrt, Meirioneth. La collection a été transférée à la Bibliothèque Peniarth, Meirioneth, en 1859, et de là à la nouvelle bibliothèque nationale en 1909."

       Source : https://www.wdl.org/fr/item/4056/

     

      Note : A propos du "Dialogue entre l'âme et le corps" :

      http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1944_num_88_3_77767

     

       "C’est une surprise de taille ! L’un des plus prestigieux ouvrages médiévaux du Pays de Galles, le Livre Noir de Carmarthen – célèbre pour contenir quelques-unes des plus anciennes mentions du Roi Arthur et de Merlin – vient de livrer des secrets insoupçonnés..."

       In "Roi ARTHUR : les mystères du Livre Noir de Carmarthen", Bernadette ARNAUD, Sciences et avenir, 05-04-2015.

        EXTRAITS SURLIGNÉS :

      "Le Livre Noir de Carmarthen est le plus ancien manuscrit en langue galloise, le seul ayant survécu, contenant des textes poétiques se référant au roi ARTHUR composés pour la plupart entre le VIe et le XIIe siècle", explique Alban GAUTIER, spécialiste du Moyen-Age anglais à l’université du littoral Côte d’Opale à Calais (Nord-Pas de Calais) et auteur d’une grande enquête sur le légendaire monarque (voir ci-dessous). Il précise toutefois que la première véritable apparition du nom d’Arthur l’a été au Pays de Galles, en latin, en 830, dans l’Historia Brittonum, ou l’Histoire des Bretons, une œuvre compilée par un anonyme gallois.

       HÉROS LÉGENDAIRES. Dans le Livre Noir de Carmarthen, une partie du texte connu sous le nom "Englynion y Beddau" évoque les sépultures de héros légendaires. Un dénommé MYRDDIN (Merlin) y apparaît aussi dans deux poèmes, dont celui qui est présenté comme un dialogue entre lui et le poète gallois TALIESIN. Mais l’ouvrage contient surtout le plus ancien poème arthurien intitulé "Pa Gur", ("Quel homme ?"). L’ensemble du manuscrit va continuer à être analysé à l’aide de ces techniques innovantes pour tenter de faire surgir d’autres secrets enfouis.  

       Arthur, un personnage de la légende galloise                                                                                                                                                                               
       La légende arthurienne, jusqu’au XIe siècle, est exclusivement originaire du Pays de Galles et des Cornouailles. Elle a ensuite atteint la Bretagne armoricaine avant de se répandre dans toute l’Europe. Dans ces légendes médiévales, Arthur, aurait organisé la défense des peuples celtes face aux envahisseurs germaniques. Son existence historique n’a jamais pu être attestée. Au terme d’une importante enquête publiée dans le livre "Arthur", l’historien Alban Gautier a en effet conclut qu’il était impossible d’affirmer si oui ou non, un guerrier ou un roi nommé Arthur avait réellement existé aux alentours de 500 de notre ère. En effet, les textes qui mentionnent la présence de ce personnage sont trop tardifs et trop contradictoires pour permettre de se prononcer avec un minimum de certitude. Pour Alban Gautier, "tantôt enfant débrouillard et prédestiné, tantôt guerrier solaire, tantôt roi faible et rejeté, tantôt homme fragile et sensible, tantôt vieillard héroïque affrontant la trahison, tantôt espoir de tout un peuple croyant à son retour glorieux, Arthur a connu bien des visages, souvent contradictoires". L’étude complète du Livre Noir de Carmarthen apportera peut-être d’autres éléments.

       (...)

       Apparition de deux visages fantomatiques et de vers disparus depuis 500 ans

       En combinant l’utilisation de lumière ultra-violette et des logiciels de retouche photo, Myriah WILLIAMS, une jeune doctorante de l’université de Cambridge (Grande-Bretagne) a fait apparaître sur le parchemin jauni de ce livre de poèmes mythologiques et légendaires daté de 1250, deux visages fantomatiques et des vers disparus depuis plus de 500 ans.

       "Deux visages inconnus apparaissent sous lumière UV dans une page du Livre Noir de Carmarthen. © Myriah Williams, Bibliothèque nationale du Pays de Galle (réutilisation interdite)"

       "Ces deux visages ont émergé dans la marge inférieure", explique le professeur Paul Russel, du département d’études Anglo-Saxonnes, Norroises et Celtiques de l’université de Cambridge (ASNC) qui a participé à l’étude de ce document exceptionnel de 54 pages de vélin, acquis par la Bibliothèque nationale du Pays de Galles en 1904, où il est toujours conservé à Aberystwyth. "Or les représentations de visages sont rarissimes dans les manuscrits gallois", précise Myriah Williams.

       ...serch a chariad at vy anhrydyddusaf gar...

       En outre, l'esquisse d'un poisson et une ligne d'accompagnement de texte inconnu ont également surgi sous la lumière ultraviolette. On peut lire – en roulant les "r" à la façon de Morgane dans le mémorable film de John BOORMAN  Excalibur (1981) – :  "serch a chariad at vy anhrydyddusaf gar"… Ce qui peut être traduit par "amour et affection à mon plus honorable parent". Cette ligne a sans doute été grattée à la Renaissance ou au début de la Réforme protestante (XVIe siècle), quand de nombreux manuscrits médiévaux issus de la dissolution des monastères lors des confiscations des biens de l’Église se sont retrouvés entre les mains d’érudits et de particuliers."

     

    Manuscrit Livre Noir

       Source : http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/20150403.OBS6368/roi-arthur-les-mysteres-du-livre-noir-de-carmarthen.html

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