• Utilité réelle du "kravail" ? (travail)

     Aucune ! selon la Critique de la valeur.

       Mise en image d'un courant de pensée contemporain radical (aux racines de l'analyse). Vidéo relayée par le blog Pensée radicale.

       Intervention de Jacques LE GOFF, lui qui conclut du Moyen-Age la centralité de la caritas.

       Voir à ce propos : "Vous avez dit monnaie ? De l'origine sociale des monnaies aux formes monétaires contemporaines", Clément HOMS, Sortir de l’économie, n° 4, Printemps 2012, pp. 132-133 (Annexe).

    http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Revue_Sortir_de_leconomie_n4_juillet_2012.pdf

     

       "Quelle est la nature du travail dans une société ? Quels problèmes pose-t-il ? Et pour le Moyen-Age, on se heurte d'abord à un problème formidable pour l'historien : que peut représenter un mot, une activité, pour lequel l'époque passée n'avait pas de mot ni de concept. "Travail", ça n'existe pas.

     

       EXTRAITS : "à l'heure de la société marchande"

      "Le capitalisme est précisément cette non société qui emploi les individus à des tâches dont l'objet véritable est autre chose que ce qui apparaît de prime abord. En clair, le travail ne sert qu'à la production de valeur, catégorie abstraite, un fétiche fabriqué par les hommes mais qui mène sa propre existence autonome sans que quiconque ait prise sur sa logique et son développement. Les activités humaines n'ont pas toujours été du travail. L'interaction de l'homme avec la nature et des hommes entre eux n'a pas toujours eu comme prétexte de transformer une somme d'argent en plus d'argent. Il s'agit d'un fait relativement nouveau. Dans des sociétés pré-capitalistes, il pouvait arriver qu'elle soit mise au service de catégories fétiches, religieuses ou absurdes, mais jamais il ne s'agissait du modèle pour toutes activités et jamais on n'avait regrouper sous une même dénomination, toutes les activités des hommes. (... /Jacques Le Goff, voir ci-dessus)

       Le travail a une double nature, comme le dit Karl MARX. Il est à la fois concret et abstrait. Et il est double dans un même moment, dans la même temporalité. Il est concret, car il produit toujours quelque chose de concret à partir du concret, et il est abstrait, dans le même temps, car il représente du travail en général, simple dépense d'énergie en général mesurable en durée sur l'échelle du temps abstrait, le temps de l'horloge auquel nous sommes tous soumis. L'aspect abstrait du travail ne crée donc pas de bien ni de service, mais une forme sociale qu'on appelle la valeur. La valeur est du temps de travail humain cristallisée sous forme de marchandise. C'est cette catégorie qui permet de mesurer et donc de mettre en place l'échange des marchandises, et c'est par là qu'elle devient forme sociale. La valeur n'a rien de naturel. C'est un moyen purement social de considérer les produits. La dualité du travail se retrouve dans la marchandise : la valeur d'usage d'un côté, et la valeur, tout court ou d'échange, de l'autre, ce qui représente respectivement le côté concret et le côté abstrait. Il apparaît donc que l'activité humaine sous le capitalisme soit plus complexe que ce qu'elle paraît. Elle semble même avoir une forme spécifique qui semble se détourner de ce qu'elle prétend être de prime abord. Cette double nature de la marchandise et du travail qui la produit ne s'exprime pas  dans une coexistence pacifique, mais comporte une contradiction violente. Le travail abstrait n'est pas la somme des travaux concrets, il n'est pas une abstraction mentale. Une bombe ou un jouet peuvent avoir deux valeurs d'usage très différentes mais comme valeur, ils sont égaux si le même temps fut nécessaire pour fabriquer les objets en question et leurs composants. Lorsque la valeur domine la production, c'est-à-dire lorsque les produits y prennent massivement la forme sociale de marchandise, la production n'est donc plus basée sur la satisfaction des besoins pré-existant. Désormais, la seule finalité de la production devient la valeur. Il s'agit d'obtenir la plus grande quantité possible de valeur et donc d'argent, et cela a des conséquences dramatiques car, si le système de production capitaliste a besoin  de plus de bombes que de jouets pour créer de la valeur, il le fera, et ça n'est pas une question morale, du fait de soi-disant méchants capitalistes, mais bien le résultat de la logique propre à ce système, c'est-à-dire une logique qui dépasse le contrôle des acteurs des agents du système, ici plutôt spectateurs, comme le dirait Guy DEBORD.  Le travail n'est donc pas une constante anthropologique, comme nous pouvons l'entendre souvent, mais nous avons donc bien affaire à une mutation anthropologique, une construction sociale nouvelle qui détermine plus que jamais toute la vie des individus à une échelle totale.

       Dans le capitalisme, le travail abstrait est devenu le lien social, le but de la société et non le moyen en vue d'autres fins. Tout comme la marchandise ne doit pas être confondue avec un bien, pareillement, le travail ne doit plus être confondu avec l'activité humaine."

     

       Nota :

       "Transformer de l'argent en plus d'argent"

      Cela peut-il répondre à notre question soupçonneuse : créons-nous vraiment de la richesse ?

     

       # Au 04-03-2016 : Trepalium, l'avenir ?

       Source : https://www.youtube.com/watch?v=Yk2cja7lduk&feature=player_embedded  

       "Le travail au sein du capitalisme n’est pas qu’une servitude et qu’une souffrance s’accroissant au fil de sa crise, des réformes du code du travail et des nouvelles organisations néocapitalistes-néolibérales du travail. Le travail au sein du capitalisme est en train de venir superflu, inutile, obsolète, et chacun d’entre nous avec, puisque nous n’avons droit de survivre au sein du capitalisme que comme producteurs de valeur, comme travailleurs rentables, et que nous sommes chaque jour davantage non-rentables en raison de l’augmentation structurelle (chaque entreprise devant rester compétitive sous peine d’élimination économique) des facteurs de production technologiques, plus rentables désormais qu’une partie croissante d’entre nous. Et ces facteurs de production technologiques ne consommant pas, ils entraînent une diminution de consommation, donc une nouvelle élimination de travailleurs du procès productif, remplacés par de nouveaux facteurs de productions technologiques, ad nauseam. Ad nauseam, avec 61 millions d’emplois supprimés mondialement depuis 2008, 48 % des emplois restants menacés d’ici 2030 (http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/les-robots-vont-ils-prendre-nos-jobs_1548018.html) L'Expansion, 2015), et 80 % dans un "futur proche", d’ici 2040-2050. Un monde capitaliste, de servitude et de souffrance ("travail" vient du latin "trepalium", instrument de torture romain), avec 80 % de chômage, ayant simplement poursuivi sa dynamique de crise et d’élimination structurelle du "travail vivant", c’est ça : (voir vidéo).

       PS : Le patron de Skyrock confirme cette anticipation en écrivant qu’ "une majorité [de gens], substituée par [d]es automates, forme[ra] une subsociété effondrée" (BELLANGER, Pierre, La Souveraineté numérique, Paris, Stock, 2014).

     

       Il s’agit donc de lutter non pas simplement contre une nouvelle vague de précarisation du travail, un nouvel approfondissement de cette servitude capitaliste, mais de lutter contre un système mortifère qui nous réduit à des travailleurs, à des robots ("travailleur", en tchèque) producteurs de survaleur et de marchandises, au prix d’un asservissement de nos existences et d’une souffrance croissante, et avec comme unique horizon notre obsolescence progressive, avant notre "élimination" (d’une manière ou d’une autre) finale. Sortir du travail et du capitalisme, ou barbarie !"

       Source :

    http://pensee-radicale-en-construction.overblog.com/2016/03/l-avenir-du-travail-trepalium.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

      

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